Réflexion sensorielle : ce que gagne (ou perd) le vin
Les vins de Bellet sont de véritables “éponges à terroir” : la Folle noire, le Braquet, le Rolle — tous réagissent sensiblement à leur environnement de garde. Une température trop chaude : les rouges s’alourdissent, les arômes tertiaires (cuir, tabac) prennent le dessus au détriment du fruit. Une humidité trop faible : développement de faux goûts, oxydation prématurée, bouchons qui lâchent. Par contraste, la maîtrise technologique offre la protection de la fraîcheur, la stabilité du bouquet, la lenteur bénéfique de l’évolution aromatique – quintessence du Bellet de garde.
Cependant, certains défenseurs des caves naturelles arguent que de légères variations saisonnières animent le vin, lui donnent une évolution moins linéaire, proche de la philosophie du vivant et du “laisser-faire” terroiriste. Mais cela exige un lieu réellement adapté, profond, aux murs épais, que l’on trouve rarement sur la Côte d’Azur neuve ou rénovée.